Face à la montée de l’extrême droite, le monde du travail doit peser pour imposer des réponses sociales dans les communes.
✍️Par l’Intersyndicat CGT du champagne
📅 Publié le 19 mars 2026
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À l’heure où les résultats du premier tour révèlent une abstention massive et une progression inquiétante de l’extrême droite, les élections municipales prennent une dimension sociale et démocratique majeure. Pour la CGT, il ne s’agit pas d’un simple scrutin local, mais d’un choix de société : répondre aux urgences sociales ou laisser s’installer des politiques de régression.
Un premier tour marqué par l’abstention et la colère sociale
Les résultats du premier tour des municipales confirment un phénomène profond : une partie importante du monde du travail ne se reconnaît plus dans les réponses politiques proposées. L’abstention reste élevée, signe d’un désengagement qui s’explique avant tout par l’absence de réponses concrètes aux difficultés quotidiennes.
Dans la filière Champagne comme ailleurs, les salariés sont confrontés à la stagnation des salaires, à la dégradation des conditions de travail, à l’augmentation du coût de la vie et à la fragilisation des services publics. Cette réalité sociale pèse directement sur la participation électorale.
Dans le même temps, l’extrême droite progresse. Cette dynamique ne doit rien au hasard : elle s’appuie sur le désarroi social, mais sans jamais y apporter de réponses réelles.
Les communes : un levier direct sur les conditions de vie
Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, les élections municipales ont un impact immédiat sur la vie des salariés, des retraités et des familles.
Les choix des municipalités conditionnent l’accès aux services publics de proximité, aux structures de santé, aux écoles, aux transports collectifs, aux logements accessibles ou encore à la vie associative. Ils déterminent concrètement les conditions de vie dans les territoires.
Les communes disposent également d’un levier économique majeur à travers la commande publique. Elles peuvent soutenir l’emploi local, imposer des critères sociaux, améliorer les conditions de travail et orienter l’activité vers des pratiques respectueuses de l’environnement.
Mais ces orientations ne sont jamais neutres. Elles traduisent des choix politiques. Et aujourd’hui, ces choix sont au cœur de l’affrontement entre progrès social et régression.
Répondre aux urgences sociales : une exigence du monde du travail
Pour la CGT les priorités sont claires. Les municipalités doivent répondre aux besoins concrets de la population.
Cela passe par le développement des services publics de proximité, le renforcement de l’accès aux soins avec la création de centres municipaux de santé, la construction de logements accessibles, l’amélioration des transports collectifs pour répondre à la fois aux enjeux sociaux et environnementaux.
Cela implique également de garantir l’accès à l’éducation, à la culture, à la vie associative, ainsi que de développer un véritable service public de la petite enfance.
Ces exigences ne relèvent pas de promesses abstraites. Elles correspondent aux attentes exprimées sur le terrain par les salariés, notamment dans la filière Champagne, où les inégalités territoriales et sociales restent fortes.
L’extrême droite : un discours trompeur, des actes contre les salariés
L’extrême droite tente de se présenter comme une force proche des travailleurs. Mais les faits démontrent l’inverse.
À l’Assemblée nationale, elle vote contre les mesures favorables aux salariés : augmentation des salaires, indexation sur l’inflation, renforcement des services publics. Elle s’oppose également à toute contribution des grandes fortunes, y compris les mesures les plus limitées visant les ultra-riches.
Dans le même temps, elle ne remet jamais en cause les superprofits des grandes entreprises, notamment dans des secteurs comme l’énergie.
Son projet réel est clair : affaiblir les droits collectifs, remettre en cause le rôle des syndicats et détourner la colère sociale vers les plus précaires plutôt que vers les véritables responsables de l’accaparement des richesses.
Quand l’extrême droite gouverne, les salariés reculent
L’expérience internationale est sans ambiguïté. Là où l’extrême droite accède au pouvoir, les politiques mises en œuvre favorisent les plus riches et fragilisent les droits sociaux.
Réduction de la fiscalité sur les grandes fortunes, affaiblissement des protections des salariés, remise en cause des droits des femmes, pressions sur la justice, les médias et les organisations syndicales : ces orientations sont constantes.
Au niveau local, dans les collectivités déjà dirigées par l’extrême droite, les mêmes logiques sont à l’œuvre : réduction des moyens des services publics, attaques contre le tissu associatif, politiques de division entre les habitants.
Ces choix aggravent les inégalités et détériorent les conditions de vie, sans jamais répondre aux urgences sociales.
Aucune alliance avec l’extrême droite : une ligne claire
Face à cette situation, la CGT porte une position sans ambiguïté : aucune alliance ne doit être conclue avec l’extrême droite, ni avant ni après les élections.
Il s’agit d’un principe démocratique fondamental. Faire barrage à l’extrême droite, c’est défendre les libertés publiques, les droits sociaux et l’égalité.
Dans un contexte où certaines forces politiques peuvent être tentées par des stratégies ambiguës, cette exigence doit être rappelée avec force.
Faire entendre le monde du travail au second tour
Le second tour des municipales doit être un moment de mobilisation. Le monde du travail ne peut pas rester spectateur.
Partout sur le territoire, les salariés, les retraités et les jeunes subissent les conséquences des politiques d’austérité, de la dégradation des services publics et du refus de partager les richesses.
Dans ce contexte, il est essentiel que les choix politiques locaux soient à la hauteur des enjeux sociaux et démocratiques. Les communes doivent rester des outils au service de toute la population. Elles ne doivent pas devenir des instruments de division, ni des relais de politiques de régression sociale.
Pour la CGT, il s’agit de faire entendre clairement une exigence : des politiques publiques qui répondent aux besoins sociaux, qui renforcent les droits et qui s’attaquent aux inégalités.
Le second tour est un moment de vérité. S’abstenir, c’est laisser le champ libre aux politiques qui attaquent nos droits. Voter, c’est peser pour imposer des choix sociaux et démocratiques. Faire reculer l’extrême droite n’est pas une option : c’est une nécessité pour défendre les travailleurs, les libertés et l’égalité.
Pas de résignation, pas de compromission : le monde du travail doit peser pour imposer la justice sociale et faire barrage à l’extrême droite.
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Sources : – Tract CGT « Élections municipales – Répondre aux urgences sociales / Faire barrage à l’extrême droite »
– https://www.cgt.fr/municipales2026
– https://www.cgt.fr/actualites/france/lutte-contre-lextreme-droite/lextreme-droite-avance-masquee
