À la pompe, ce sont encore les salariés qui paient pendant que les profits, eux, continuent de rouler. © La CGT.fr

✍️Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 27 mars 2026

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Chaque hausse à la pompe rogne un peu plus le budget des travailleurs. Pour aller au travail, faire les courses, accompagner les enfants, la voiture reste indispensable pour beaucoup. Pendant ce temps, les salaires stagnent, les profits des grands groupes explosent, et les marchés continuent de dicter leur loi. Pour la CGT, la réponse est claire : il faut bloquer les prix, augmenter les salaires et mettre fin à un système qui fait payer au monde du travail les logiques de spéculation.

Quand le carburant augmente, c’est le salaire qui baisse

Pour beaucoup de salariés, la hausse du carburant n’est pas un sujet abstrait. Ce n’est pas une ligne de plus dans un journal télévisé. C’est une dépense immédiate, concrète, qui tombe chaque semaine, parfois chaque jour. Quand le plein coûte plus cher, ce sont les fins de mois qui deviennent encore plus difficiles. Et cela s’ajoute au reste : loyers, alimentation, assurances, énergie, dépenses du quotidien. Tout augmente, sauf les salaires.

Le problème de fond est là. On demande sans cesse aux salariés de s’adapter, de faire des efforts, de réduire leurs déplacements, de revoir leur budget, alors que leurs revenus ne suivent pas. À la pompe, ce sont encore les travailleurs qui encaissent le choc. Ceux qui n’ont pas le choix. Ceux qui vivent loin de leur lieu de travail. Ceux qui n’ont ni transports collectifs adaptés, ni véhicule de remplacement, ni marge financière.

Ce n’est donc pas seulement une question de carburant. C’est une question de pouvoir d’achat, de justice sociale et de répartition des richesses.

Des profits énormes pendant que les salariés comptent chaque euro

Pendant que des millions de salariés regardent le prix du litre avec inquiétude, d’autres se frottent les mains. Les grands groupes pétroliers, eux, continuent d’accumuler des profits colossaux. À chaque nouvelle tension internationale, à chaque nouvelle flambée des cours, ce sont toujours les mêmes qui gagnent. Ceux qui produisent, raffinent, distribuent ou spéculent sur l’énergie trouvent le moyen de préserver, voire d’augmenter, leurs marges.

C’est là qu’il faut remettre les choses à l’endroit. On voudrait faire croire que la hausse des prix serait une fatalité, presque un phénomène naturel. Ce n’est pas vrai. Derrière les hausses, il y a aussi des intérêts économiques très puissants. Il y a des groupes privés qui profitent d’une situation instable pour continuer à dégager des bénéfices considérables. Il y a des dividendes versés aux actionnaires. Il y a des richesses qui partent au mauvais endroit.

Autrement dit, l’argent existe. Le problème, c’est qu’il ne va ni aux salaires, ni aux services publics, ni aux transports collectifs, ni à l’amélioration concrète de la vie des travailleurs.

Un système opaque qui protège les intérêts privés

L’un des problèmes majeurs, c’est que le secteur pétrolier reste largement opaque. Les salariés voient les prix grimper très vite à la pompe, mais ils n’ont aucun moyen de savoir clairement qui prend quoi, qui fixe quoi, et où se font réellement les marges. Tout se passe comme si les hausses s’imposaient d’elles-mêmes, sans responsabilité identifiable.

Or cette opacité n’a rien d’innocent. Elle protège un système dans lequel les prix peuvent évoluer brutalement, sans véritable contrôle démocratique, alors même que le carburant est un produit indispensable à la vie quotidienne de millions de personnes. Quand il s’agit d’un bien aussi essentiel, on ne peut pas laisser faire les marchés, puis demander ensuite aux travailleurs de supporter seuls les conséquences.

La CGT a raison de poser une exigence claire : l’énergie ne peut pas être traitée comme une marchandise ordinaire. L’État doit intervenir. Il doit encadrer les prix, empêcher les abus, contrôler les marges et mettre à contribution les groupes qui profitent de la crise.

La spéculation aggrave encore la facture

Il faut aussi dire les choses simplement : le prix du carburant ne dépend pas seulement du coût réel du pétrole. Il dépend aussi d’un système financier dans lequel le pétrole est devenu un objet de spéculation. Cela signifie qu’une partie du prix payé par les salariés n’est pas liée à la production, au transport ou au raffinage, mais à des logiques de marché, à des anticipations financières, à des paris sur l’évolution des cours.

En clair, pendant que les travailleurs ont besoin de leur voiture pour aller bosser, d’autres utilisent le pétrole comme un produit financier. Et ce sont encore les salariés qui paient l’addition. Cette situation est profondément injuste. Un besoin essentiel ne devrait jamais être abandonné à de telles logiques. C’est pour cela que la question du carburant dépasse largement la simple pompe. Elle renvoie à un choix de société. Soit on accepte qu’un produit indispensable à la vie quotidienne reste soumis aux intérêts privés et à la spéculation, soit on décide qu’il doit être protégé, encadré et mis au service de l’intérêt général.

La vraie urgence : augmenter les salaires

Face à cela, les aides ponctuelles ne suffisent pas. Elles peuvent soulager temporairement, mais elles ne règlent rien sur le fond. Le vrai problème, c’est la faiblesse des salaires. Tant que les prix augmentent plus vite que les revenus, le niveau de vie recule. Tant que les augmentations générales ne suivent pas, chaque hausse du carburant devient une attaque directe contre le budget des travailleurs.

C’est pourquoi la revendication de la CGT est juste et cohérente : il faut augmenter les salaires, relever le Smic, revaloriser tous les revenus du travail et remettre en débat l’indexation des salaires sur l’inflation. Quand les prix montent, les salaires doivent suivre. Sinon, ce sont toujours les mêmes qui paient. Cette exigence est d’autant plus légitime que, dans plusieurs branches, les premières grilles conventionnelles démarrent déjà en dessous du Smic. C’est notamment le cas dans la convention collective du Champagne, où les premiers coefficients se retrouvent en dessous du minimum légal, ce qui montre à quel point certaines négociations salariales sont devenues insuffisantes lorsqu’elles ne permettent même plus de maintenir les minima conventionnels au niveau du Smic.

Les négociations annuelles sur les salaires doivent retrouver leur vraie fonction : améliorer réellement la vie des salariés, pas simplement accompagner le décrochage du pouvoir d’achat. Elles doivent aussi permettre de garantir des grilles conventionnelles dignes de ce nom, avec de vrais niveaux de progression salariale, et non des minima qui se font rattraper ou dépasser par le salaire minimum légal. Le travail doit permettre de vivre dignement, pas seulement de survivre entre deux factures.

Bloquer les prix, taxer les superprofits, investir utilement

La réponse existe. Elle n’a rien d’utopique. Il faut encadrer les prix des carburants et de l’énergie. Il faut taxer les profits exceptionnels des grands groupes qui se gavent sur la crise. Il faut récupérer cet argent pour financer ce qui est réellement utile : les salaires, les transports publics, les services publics, les investissements qui réduisent les dépenses contraintes des ménages.

La transition énergétique ne peut pas se faire contre les salariés, en les punissant à la pompe. Elle doit se faire avec eux, en garantissant des revenus décents, des alternatives de transport réelles et une autre répartition des richesses.

La hausse des carburants révèle une vérité simple : dans ce système, tout est fait pour protéger les profits, pas pour protéger ceux qui travaillent. La CGT porte au contraire une autre logique. Une logique de justice sociale. Une logique qui dit clairement que ce n’est pas aux salariés de payer la spéculation, l’opacité du secteur pétrolier et les superprofits de quelques-uns.

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Source :

« article CGT, Carburant : bloquer les prix et augmenter les salaires, publié le 25 mars 2026. »

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