Après plusieurs semaines de grèves et de mobilisations inter-maisons au sein de MHCS, la CGT a acté la fin du conflit, à l’issue d’un rapport de force construit collectivement par les salariés de Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot et Krug avec le soutien des élus de l’Intersyndicat CGT du champagne. © CGT champagne

✍️Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 03 février 2026

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Depuis le mois de décembre, les salariés des maisons de l’établissement MHCS se sont mobilisés collectivement pour refuser une décision patronale remettant en cause leur rémunération globale. Ces mouvements de grève, portés par les salariés de Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot et Krug, ont bénéficié du soutien actif de l’Intersyndicat, qui a appelé les élus CGT des autres maisons de Champagne à venir renforcer la mobilisation et à exprimer leur solidarité sur le terrain. Cette dynamique collective a permis de construire un rapport de force inédit et d’imposer la réouverture de négociations que la direction disait closes.

Une annonce patronale à l’origine du conflit

Le conflit trouve son origine dans l’annonce faite par la direction de MHCS : aucune prime de participation ni d’intéressement ne serait versée. Cette décision, présentée comme définitive, a été immédiatement vécue par les salariés comme une remise en cause directe de la reconnaissance de leur travail et de leur rémunération globale.

Dès cette annonce, la CGT alerte les salariés et refuse que cette situation soit banalisée ou considérée comme un simple ajustement ponctuel. Pour la CGT, accepter sans réagir aurait signifié ouvrir la voie à une remise en cause durable de ces éléments de rémunération dans les années à venir.

Décembre : premières actions et entrée en grève

Le 8 décembre, une première mobilisation symbolique est organisée à Épernay, devant la Christmas Party organisée par la direction de Moët & Chandon. Cette action vise à dénoncer le décalage entre un événement de communication interne à tonalité festive et l’annonce simultanée de l’absence de versement de la participation et de l’intéressement. Pour les salariés mobilisés, cette situation illustre une forme de déconnexion entre le discours managérial et la réalité sociale vécue sur les sites.

Le 11 décembre marque une étape décisive dans le conflit. La grève s’installe devant le site de Moët & Chandon à Épernay, avec une forte participation de salariés de Veuve Clicquot, le tout soutenue par les élus de l’intersyndicat CGT du champagne, venus exprimer leur solidarité. Cette présence renforce concrètement les liens entre les salariés des deux maisons et confirme la volonté de construire un mouvement dépassant les frontières d’un seul site. Une réunion d’information syndicale se tient sur place, permettant de poser collectivement les enjeux du conflit et d’ancrer durablement la mobilisation dans une logique inter-maisons.

Janvier : la mobilisation s’élargit et s’ancre dans les deux maisons

Au cours du mois de janvier, la mobilisation franchit une nouvelle étape et s’inscrit pleinement dans une dynamique inter-maisons. Les salariés de Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot et Krug se mobilisent ensemble, notamment lors de rassemblements organisés à Reims, affirmant clairement que le conflit dépasse un seul site et concerne l’ensemble de l’établissement MHCS. Cette solidarité entre maisons devient un élément central du rapport de force.

Les rassemblements successifs imposent à la direction la réouverture de discussions sur un supplément d’intéressement, alors même qu’elle affirmait initialement que ce dossier était clos. Cette évolution confirme que la mobilisation collective produit des effets concrets et que les positions patronales présentées comme définitives peuvent être remises en cause sous la pression du mouvement.

Tout au long de cette période, la CGT maintient une ligne claire et constante. Elle refuse toute logique de division entre les maisons et porte l’exigence d’une meilleure répartition, en particulier en direction des salariés aux rémunérations les plus modestes. Le rôle de l’Intersyndicat, par son soutien constant à la mobilisation et par l’apport de moyens logistiques et matériels — ballons, sonorisation, restauration et appui à la communication — a contribué à inscrire le mouvement dans la durée et à renforcer concrètement le rapport de force face à la direction.

Fin janvier – début février : un rapport de force assumé jusqu’au bout

Face au maintien de désaccords majeurs, notamment sur la structure de la répartition et sur le refus persistant de la direction de revoir certains mécanismes jugés trop hiérarchisés, la CGT annonce une nouvelle étape de mobilisation. Une journée de grève est prévue le 3 février, accompagnée d’un déplacement à Paris devant le siège du groupe, avec pour objectif de faire remonter le conflit au niveau où se prennent les décisions stratégiques et de peser jusqu’au bout sur la négociation.

Dans les toutes dernières heures de discussion, après des échanges particulièrement intenses, la direction concède plusieurs évolutions par rapport à sa position initiale. Les élus CGT estiment alors être allés au maximum de ce qu’il était possible d’obtenir dans l’immédiat sur ce terrain précis, face à une direction qui ne bouge plus sur certains points structurants. Dans ce contexte, la CGT prend une décision responsable et assumée : l’arrêt de la grève prévue le 3 février et l’annulation du déplacement à Paris.

Une nouvelle étape s’ouvre

La fin de cette séquence de mobilisation ne referme pas le dossier de la rémunération. Elle ouvre désormais une nouvelle étape avec la NAO paritaire et interne chez MHCS. Forte de la mobilisation menée et des résultats obtenus, la CGT portera à nouveau un ensemble de revendications dans le cadre des prochaines négociations, notamment sur l’augmentation générale des salaires et plus largement sur la reconnaissance du travail et sur une meilleure répartition de la richesse produite.

La CGT tient enfin à remercier l’ensemble des salariés mobilisés, grévistes ou soutiens, ainsi que les élus de terrain de toutes les maisons de champagne. Cette mobilisation restera un point d’appui pour les combats à venir et rappelle une vérité essentielle : lorsque les salariés s’organisent collectivement, même les décisions présentées comme irréversibles peuvent être contestées et modifiées.

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