Assemblée générale de militants CGT du Champagne, réunissant une quarantaine d’élus à la Maison des syndicats de Reims, le 5 février 2026, à l’issue de la deuxième réunion paritaire de NAO. © CGT Champagne

✍️Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 06 février 2026

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À l’issue de la deuxième réunion de négociation annuelle obligatoire, tenue le jeudi 5 février 2026 au matin, la CGT Champagne a réuni ses élus en assemblée générale à Reims. Si le climat de la négociation a été jugé apaisé et si des ouvertures patronales ont été formulées sur plusieurs sujets de fond, la proposition salariale reste très éloignée des exigences portées par les organisations syndicales.

Une deuxième réunion paritaire dans un climat apaisé

La deuxième réunion paritaire de NAO s’est tenue le jeudi 5 février 2026 sous la présidence de Michel Letter, président de la commission sociale de l’Union des Maisons de Champagne. La délégation CGT mandatée pour siéger et négocier, composée de José Blanco, secrétaire général de l’Intersyndicat CGT du Champagne, ainsi que de Sébastien Krs et Noël Sainzelle, membres du secrétariat, a souligné le caractère posé et respectueux des échanges.

Au cours de cette réunion, la délégation patronale a formulé une proposition d’augmentation générale des salaires de 0,9 %. Elle a également annoncé son intention de tenir au minimum deux réunions paritaires par an, voire trois si nécessaire, afin d’aborder des sujets hors champ strict de la négociation salariale. Dans ce cadre, une première réunion est d’ores et déjà programmée le 17 mars 2026, avec pour objectif l’ouverture de discussions sur la mise en place d’un accord de fin de carrière, en tenant compte de la pénibilité de certains métiers, notamment dans le secteur viticole.

Sur la question du compte épargne temps, le président de la commission sociale a estimé la discussion prématurée, considérant que peu de maisons de Champagne en disposent aujourd’hui et que le recul serait insuffisant pour en mesurer l’impact financier pour les maisons.

Enfin, Michel Letter s’est dit ouvert à de premiers échanges sur la création d’une commission sociale destinée à traiter des évolutions de la filière et de leurs conséquences sur l’emploi, tout en exprimant des réserves, notamment autour de l’idée d’un label Haute Valeur Environnementale et Sociale. Il a rappelé que la labellisation environnementale engagée depuis 2014 s’était développée progressivement pour concerner aujourd’hui environ 70 % des acteurs de la filière, soulignant qu’un tel projet de modification de labélisation s’inscrirait nécessairement dans un temps long.

Après plus d’une heure de discussions, un tour de table a été organisé afin de recueillir l’avis des organisations syndicales. Ce tour de table a mis en évidence une position unanime : la proposition patronale de 0,9 % d’augmentation générale des salaires est jugée très largement insuffisante et très éloignée de la revendication syndicale fixée à 2,3 %, qui vise à la fois à replacer le coefficient 120 au-dessus du SMIC et à compenser la perte de pouvoir d’achat subie au cours des deux dernières années.

Une assemblée générale CGT mobilisée

Dans la foulée de cette réunion paritaire, une assemblée générale de militants CGT s’est tenue à Reims. Près d’une quarantaine d’élus se sont réunis dans la grande salle Jean Jaurès, située au rez-de-chaussée de la Maison des syndicats, au 15 boulevard de la Paix. La délégation CGT a présenté de manière détaillée le contenu des échanges et les propositions formulées par la partie patronale.

Des salaires toujours sous pression

La CGT a rappelé que, si la proposition patronale correspondait à l’inflation moyenne de l’année 2025 telle qu’établie par l’INSEE, elle ne permettait en aucun cas de répondre à la réalité salariale dans la filière.

En particulier, le salaire horaire du coefficient 120 demeure inférieur au SMIC, s’établissant à 11,83 euros de l’heure, quand le SMIC atteint désormais 12,02 euros. Pour simplement aligner ce coefficient sur le SMIC, une augmentation minimale de 1,6 % serait nécessaire. La proposition de 0,9 % laisse donc persister un décrochage inacceptable.

La CGT a rappelé qu’elle ne revendiquait pas, à ce stade, la mise en place d’un compte épargne temps, privilégiant des augmentations de salaires réelles plutôt que des dispositifs d’épargne sur les congés, et affirmant au contraire la nécessité d’en gagner de nouveaux, tout en prenant acte de la volonté du patronat d’ouvrir des discussions sur des sujets structurants. Elle a souligné que la perspective d’un accord de fin de carrière constitue un enjeu important, rappelant qu’aucun nouvel accord majeur n’est venu enrichir la convention collective du Champagne depuis plusieurs décennies.

Concernant le décrochage du coefficient 120 par rapport au SMIC, Michel Letter a indiqué que cette question ne serait pas traitée dans le cadre de la négociation salariale en cours. Il a renvoyé ce sujet aux travaux d’harmonisation des grilles de classification entre la convention collective du Champagne et la CNVS, estimant que l’écart était trop important pour être corrigé par une augmentation générale des salaires, d’autant plus que les résultats économiques de la filière sont en baisse, ce qui revient de fait à exclure toute correction immédiate du coefficient 120 dans cette NAO.

Une position de repli adoptée par les militants

À l’issue d’environ une heure et demie de débat, l’assemblée générale des militants CGT a arrêté une position claire. Elle a acté la nécessité d’un effort salarial plus conséquent de la part du patronat afin d’éviter d’aggraver davantage le décrochage du coefficient 120 par rapport au SMIC. Cette exigence doit s’accompagner d’une revalorisation des primes conventionnelles, calculées sur l’indice 100 de la grille des salaires, afin d’apporter des réponses concrètes aux salariés les plus exposés à la perte de pouvoir d’achat.

L’assemblée a par ailleurs accueilli favorablement l’ouverture de discussions sur un accord de fin de carrière ainsi que la perspective de réunions paritaires hors NAO, dédiées aux évolutions de la filière Champagne et à leurs impacts potentiellement durables sur l’emploi. Ces échanges devront toutefois se traduire par des avancées concrètes et mesurables pour les salariés.

Les organisations syndicales ont indiqué à Michel Letter qu’elles rendraient réponse à la proposition patronale en début de semaine suivante, après information et consultation de leurs élus. Pour la CGT Champagne, le message est clair : le dialogue social ne peut être crédible que s’il s’accompagne de réponses salariales à la hauteur des réalités vécues par les salariés de la des maisons de champagne.

José Blanco a conclu l’assemblée en indiquant que les militants seraient informés des réponses patronales apportées à ces contre-propositions et en garantissant qu’aucun accord ne serait signé sans leur validation.

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