Intervention d’ouverture de Laurent Lavallée lors des 20 ans du groupe 3E au théâtre de la Traversière à Paris, lançant une après-midi de débats sur le rôle et les moyens de la puissance publique. © CGT Champagne

✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 09 avril 2026

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À Paris, le groupe 3E a célébré ses 20 ans en réunissant élus de CSE, organisations syndicales et partenaires historiques pour une après-midi de débats suivie d’une soirée festive. Derrière cet anniversaire, le sens de l’invitation était clair : remercier celles et ceux qui ont fait vivre le cabinet depuis sa création, en particulier les syndicats et les CSE qui lui ont accordé leur confiance, parmi lesquels la CGT Champagne, restée fidèle depuis l’origine. L’événement a aussi permis d’ouvrir une réflexion de fond sur la puissance publique, son affaiblissement et la nécessité de la remettre pleinement au service des citoyens.

Un anniversaire placé sous le signe de la fidélité

C’est au théâtre de la Traversière, à Paris, que le groupe 3E a choisi de célébrer ses 20 ans d’existence. L’accueil des participants a débuté à 13h30, dans une ambiance marquée à la fois par les retrouvailles, les échanges et le sentiment partagé d’assister à un moment qui dépassait largement le simple cadre commémoratif.

Car cet anniversaire avait un sens précis. Il s’agissait d’abord de remercier les CSE et les syndicats clients du cabinet 3E, qui ont accompagné son développement au fil des années. Cette dimension de reconnaissance a été fortement ressentie tout au long de l’après-midi. Elle concernait tout particulièrement la CGT Champagne, qui a contribué au lancement de l’activité du groupe et lui est restée fidèle depuis sa création. Cette fidélité de longue date donnait à cette invitation une portée particulière, presque militante, tant elle rappelait que l’histoire de 3E s’est aussi construite dans la relation de confiance nouée avec des équipes syndicales engagées sur le terrain.

La délégation de la CGT Champagne présente à cet anniversaire était constituée de Philippe Cothenet, secrétaire général adjoint de l’Intersyndicat CGT du Champagne, et de Noël Sainzelle, membre du secrétariat. À leur arrivée sur l’événement, ils ont eu l’occasion d’échanger avec Fabien Gay, sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis et directeur du journal L’Humanité. Ils ont, à cette occasion, sollicité un entretien afin d’aborder le projet de création d’un label Haute Valeur Sociétale, destiné à garantir, pour les travailleurs saisonniers dans la viticulture champenoise, la prise en compte des conditions d’hébergement, des conditions de travail, du bien-être au travail et du respect des droits humains tout au long de la chaîne de valeur. Fabien Gay leur a communiqué les coordonnées de son équipe sénatoriale, charge désormais à la CGT Champagne de reprendre contact afin de fixer, dans les meilleurs délais, un rendez-vous consacré à ce sujet.

Une ouverture politique par Laurent Lavallée

La cérémonie s’est ouverte à 14h avec le discours de Laurent Lavallée, directeur associé du groupe 3E. Dans cette prise de parole, il a d’abord remercié les participants pour leur présence et pour la confiance accordée au cabinet depuis tant d’années. Mais son intervention ne s’est pas limitée aux remerciements d’usage. Elle a aussi donné le ton de l’après-midi en inscrivant cet anniversaire dans une réflexion plus large sur les transformations du travail, des services publics et du rôle de l’État.

Dans son texte d’ouverture, Laurent Lavallée rappelle que le groupe 3E accompagne les instances représentatives du personnel depuis 2006 au travers de milliers d’expertises sur des sujets allant des conditions de travail aux analyses stratégiques, dans des PME comme dans de grands groupes. Il explique que ces vingt années ont aussi été celles de réformes ayant réduit la protection des travailleurs, affaibli leurs représentants et contribué à un recul plus global de la puissance publique. Il évoque également la baisse de la fiscalité pesant sur les entreprises, le renforcement des aides publiques qui leur sont accordées, la financiarisation des stratégies, les privatisations, les concessions et les partenariats public-privé, ainsi que les effets visibles de ces choix sur les services publics, notamment dans les hôpitaux. Son propos débouche sur une idée centrale : la capacité d’action de l’État s’est progressivement effritée, au point de nourrir aujourd’hui impuissance, désinformation et montée des inégalités. C’est dans ce contexte qu’il présente le colloque du 20e anniversaire comme une contribution au réveil nécessaire de la puissance publique .

Une première table ronde sur les moyens d’agir de la puissance publique

La première table ronde a débuté à 14h. Elle réunissait Christian Eckert, ancien secrétaire d’État chargé du budget, Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis et directeur du journal L’Humanité, Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, Frédéric Leroux, secrétaire général de la fédération de l’équipement, de l’environnement, des transports et des services Force ouvrière en charge du secteur des autoroutes, et Anne-Laure Delatte, économiste et directrice de recherche au CNRS.

Cette première séquence a porté sur une question de fond : comment redonner des moyens d’agir à la puissance publique et l’État a-t-il encore les leviers pour intervenir ? Derrière cette interrogation, les échanges ont surtout fait ressortir une critique convergente des choix budgétaires menés durant ces 25 dernières années.

Le fil conducteur a clairement porté sur les aides accordées aux entreprises au nom de la politique de l’offre et de la compétitivité, et sur la manière dont ces orientations ont pesé sur les finances publiques.

Au fil des interventions, une idée forte s’est dégagée : l’État n’est pas privé de ressources par nature, mais il a fait le choix de mobiliser une part croissante de ses moyens au service du soutien aux entreprises, souvent sous forme d’allègements, d’exonérations, de crédits d’impôt ou de dispositifs insuffisamment contrôlés. Cette orientation a contribué à réduire les marges de manœuvre disponibles pour financer pleinement les services publics et répondre aux besoins sociaux. Santé, hôpital public, transports, énergie, enseignement : tous ces domaines ont été évoqués en toile de fond comme autant de secteurs fragilisés par des arbitrages budgétaires qui privilégient le soutien économique aux entreprises plutôt que l’investissement dans l’intérêt général.

En ce sens, cette première table ronde n’a pas seulement posé la question des moyens de l’État. Elle a surtout interrogé les priorités qui structurent aujourd’hui l’action publique et montré que l’affaiblissement de la puissance publique relève d’abord de choix politiques.

Une pause avant de relancer le débat

Après cette première séquence, une pause est intervenue à 16h15. Elle a permis aux participants de poursuivre les échanges de manière plus informelle, tant les thèmes abordés entraient en résonance avec les réalités vécues dans de nombreux secteurs professionnels et dans de nombreux services publics. Ce moment de respiration n’a pas interrompu la cohérence d’ensemble de l’après-midi. Il a plutôt servi de transition entre un temps de diagnostic et un temps de projection.

Quelle puissance publique voulons-nous pour demain ?

La seconde table ronde a repris à 16h30. Elle réunissait Arnaud Bontemps, fondateur et co-porte-parole de Nos services publics, Marina Mesure, députée européenne La France insoumise, Chloé Ridel, députée européenne PS-PP et secrétaire nationale du Parti socialiste en charge du projet socialiste, Thierry Nier, secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, et André Thomas, secrétaire national CFE-CGC Pôle public.

Cette deuxième table ronde s’inscrivait dans le prolongement logique de la première. Après avoir largement mis en évidence les mécanismes d’affaiblissement de la puissance publique, il s’agissait cette fois de réfléchir à la place qu’elle doit occuper dans le monde qui vient et au type de puissance publique qu’il faut reconstruire au service des citoyens.

Là encore, malgré la diversité des profils et des sensibilités représentées, une cohérence s’est dégagée. Les échanges ont montré qu’une puissance publique digne de ce nom ne peut pas être réduite à un simple rôle de gestion ou d’accompagnement des logiques de marché. Elle doit au contraire redevenir une force d’organisation collective, de garantie des droits, de maintien des solidarités et de réponse concrète aux besoins essentiels de la population. Les services publics, les mobilités, l’énergie, la cohésion territoriale, la protection sociale et la capacité démocratique à décider collectivement ont ainsi traversé cette seconde table ronde comme autant d’enjeux liés entre eux.

En cela, la deuxième séquence apparaissait bien comme la suite logique de la première. La première avait permis d’analyser les causes politiques, budgétaires et économiques de l’affaiblissement de la puissance publique. La seconde a ouvert la perspective de sa reconstruction, en rappelant qu’une autre orientation est possible dès lors que l’intérêt général, les citoyens et les besoins collectifs redeviennent la priorité.

Un cocktail, puis une soirée festive sur la péniche L’Olivia

Les interventions ont pris fin à 18h. Elles ont été suivies d’un cocktail, permettant aux invités de prolonger les discussions dans une atmosphère plus détendue. Ce temps convivial a ensuite laissé place à une grande soirée festive organisée sur la péniche L’Olivia, située à une dizaine de minutes à pied du théâtre, au 12 Port de la Rapée.

Ce second temps de l’anniversaire a permis de prolonger autrement une journée déjà dense, en mêlant convivialité, échanges et célébration. Il donnait à l’événement tout son relief : celui d’un anniversaire pensé non seulement comme un temps de réflexion, mais aussi comme un moment de reconnaissance collective envers les partenaires qui ont contribué à faire vivre le groupe 3E pendant vingt ans.

Un anniversaire qui disait plus qu’une date

Au final, cette journée anniversaire n’a pas seulement marqué les 20 ans d’un cabinet d’expertise. Elle a rappelé d’où venait le groupe 3E, avec qui il s’est construit et dans quel lien de confiance il a développé son activité. Elle a aussi mis en lumière le rôle déterminant des représentants du personnel, des élus de CSE et des organisations syndicales dans cette histoire.

À travers les deux tables rondes, le groupe 3E a également choisi de faire de cet anniversaire un moment utile, en ouvrant une réflexion politique sur le recul de la puissance publique, sur les priorités budgétaires de l’État et sur la nécessité de redonner toute sa place à l’intérêt général. Dans cet ensemble, la reconnaissance adressée aux syndicats clients du cabinet, et notamment à la CGT Champagne, a donné à cet événement une tonalité particulière. Celle d’un anniversaire qui n’oublie ni ses origines, ni les liens de fidélité qui l’ont rendu possible.

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