Plus de 100 élus du personnel de la filière Champagne réunis à Aÿ-Champagne pour deux journées de formation CGT consacrées aux réformes sociales et au partage de la valeur dans les entreprises. © CGT Champagne

✍️Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 05 mars 2026

⏱️Temps de lecture 6 minutes

Réformes sociales, partage des richesses, droits des salariés : autant de sujets que les représentants du personnel doivent aujourd’hui maîtriser pour défendre efficacement les travailleurs. Les 3 et 4 mars 2026, plus d’une centaine d’élus venus de nombreuses maisons de Champagne se sont réunis à Aÿ-Champagne pour participer à une formation économique, sociale, syndicale et environnementale organisée par l’Intersyndicat CGT du Champagne, consacrée notamment aux conséquences des budgets du gouvernement sur l’activité sociale et aux mécanismes de la participation et de l’intéressement.

📹 La vidéo des différentes interventions réalisées au cours de cette formation est disponible en bas de cet article.

Un point d’actualité syndicale en ouverture de la session

Avant le début des travaux de formation, la séance s’est ouverte par une intervention de Sébastien KRS, Thierry Aubertin et José Blanco, membres du secrétariat de l’Intersyndicat CGT du Champagne. Les trois responsables syndicaux ont souhaité revenir devant les élus présents sur plusieurs dossiers d’actualité concernant l’organisation syndicale et la branche Champagne.

Sébastien KRS est d’abord revenu sur la participation d’une délégation du Champagne au 13ᵉ congrès de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (FNAF), qui s’est tenu à Roquevaire, près de Marseille. Il a rappelé que la délégation du Champagne s’était rendue à ce congrès afin d’y porter ses mandats et d’exprimer sa position concernant la reconduction de la direction fédérale actuelle. Selon lui, la situation trouve son origine dans les condamnations judiciaires visant plusieurs dirigeants de la fédération. L’Intersyndicat CGT du Champagne estime en effet que des responsables condamnés par la justice ne peuvent pas continuer à exercer des responsabilités à la tête de l’organisation fédérale.

La délégation du Champagne, dûment mandatée pour participer au congrès et prendre part aux débats, n’a cependant pas été autorisée à entrer dans la salle où se déroulaient les travaux. Sébastien KRS a relaté que les représentants du Champagne se sont retrouvés face à un dispositif organisé pour leur empêcher l’accès au congrès, certains militants présents reprenant à leur encontre des accusations publiques de fascisme ou d’extrême droite.

Thierry Aubertin est ensuite revenu sur cet épisode en soulignant que la délégation du Champagne avait fait le choix de se rendre sur place précisément pour défendre une position démocratique et pouvoir s’exprimer devant les militants présents. Il a indiqué que les représentants du Champagne avaient souhaité expliquer publiquement les raisons de leur opposition à la direction fédérale actuelle et rappeler leur attachement à un fonctionnement syndical transparent et respectueux des règles démocratiques.

José Blanco, secrétaire général de l’Intersyndicat CGT du Champagne, a enfin évoqué les suites envisagées à cette situation. Il a expliqué que des démarches juridiques étaient actuellement à l’étude afin d’examiner les conditions dans lesquelles le congrès s’est tenu et les conséquences que pourrait avoir l’exclusion de délégués pourtant mandatés pour y participer. Cette séquence d’ouverture a également été l’occasion de faire un point sur l’actualité sociale de la branche Champagne, notamment sur les négociations salariales en cours avec l’Union des Maisons de Champagne dans le cadre des réunions paritaires.

Une formation au cœur des enjeux sociaux actuels

Les 3 et 4 mars 2026, plus d’une centaine d’élus et militants venus de nombreuses maisons de Champagne ont répondu à l’appel de l’Intersyndicat CGT du Champagne pour participer à une formation économique, sociale, syndicale et environnementale organisée à Aÿ-Champagne. Cette mobilisation importante illustre l’intérêt et la nécessité pour les représentants du personnel de se former face à des transformations sociales et économiques de plus en plus complexes.

La première journée de cette session de formation a été consacrée à l’analyse des conséquences des deux budgets adoptés par le gouvernement, notamment le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, sur l’activité sociale dans les entreprises. Ces textes législatifs introduisent en effet plusieurs modifications qui impactent directement les droits des salariés, mais aussi le fonctionnement de nombreux dispositifs sociaux. Parmi les sujets abordés figure la question des retraites, au cœur du débat social depuis plusieurs années. Les réformes engagées par le gouvernement et les ajustements introduits dans les textes budgétaires modifient progressivement l’équilibre du système et les conditions d’accès aux droits pour les salariés.

Dans ce contexte, la formation des élus du personnel devient essentielle pour comprendre les évolutions en cours, notamment les mesures de suspension ou de réaménagement de certaines dispositions issues de la réforme des retraites, et leurs conséquences pour les travailleurs.

Au-delà de la question des retraites, les participants ont également travaillé sur les transformations qui touchent la formation professionnelle et la gestion des parcours professionnels dans les entreprises. Les réformes récentes modifient progressivement l’architecture de dispositifs structurants pour les salariés, qu’il s’agisse de l’entretien professionnel devenu entretien de parcours professionnel, de nouveaux mécanismes de reconversion ou encore des évolutions apportées au Compte personnel de formation.

Dans ce contexte, la maîtrise de ces sujets devient indispensable pour les représentants du personnel. Les directions d’entreprise disposent en effet d’outils juridiques et économiques de plus en plus sophistiqués pour organiser les transformations du travail. Pour les élus syndicaux, comprendre ces mécanismes constitue donc un levier essentiel afin d’analyser les décisions prises par les entreprises et de défendre les droits des salariés.

Participation et intéressement : comprendre les mécanismes du partage de la valeur

La seconde journée de formation a été consacrée aux dispositifs d’intéressement et surtout de participation, deux mécanismes centraux dans la question du partage de la valeur produite dans les entreprises. Dans de nombreuses maisons de Champagne, ces dispositifs représentent une part importante de la rémunération globale des salariés et constituent donc un enjeu social majeur.

Les participants ont ainsi travaillé sur les fondements juridiques et économiques de la participation, dispositif qui vise à redistribuer aux salariés une partie des bénéfices réalisés par l’entreprise. Ce mécanisme repose sur une formule de calcul définie par le Code du travail qui prend notamment en compte le bénéfice fiscal de l’entreprise, le niveau des capitaux propres, la masse salariale et la valeur ajoutée produite au cours de l’exercice. La participation se présente ainsi comme un dispositif censé permettre aux salariés de bénéficier d’une part de la richesse qu’ils contribuent à créer par leur travail.

Au-delà de la formule théorique, la formation a permis de décrypter concrètement les différents paramètres qui influencent le montant de la participation. Les élus ont pu analyser le rôle déterminant joué par certains éléments financiers, notamment les capitaux propres de l’entreprise, dont l’évolution peut avoir un impact direct sur le niveau de participation versé aux salariés. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour les représentants du personnel, car ils permettent d’expliquer pourquoi des entreprises affichant de bons résultats peuvent malgré tout verser une participation faible, voire inexistante.

Cette question prend une résonance particulière dans la filière Champagne, où la rentabilité globale du secteur reste élevée malgré les fluctuations conjoncturelles des volumes. Dans ce contexte, la question du partage de la richesse produite par le travail demeure un enjeu central pour les salariés.

La formation intervient d’ailleurs dans un contexte marqué par le récent conflit social chez MHCS, où l’augmentation des fonds propres a permis à la direction d’éviter le versement de participation aux salariés. Ce conflit a rappelé avec force que la compréhension des mécanismes économiques qui déterminent la participation constitue un enjeu concret pour les représentants du personnel. Lorsque les directions d’entreprise mobilisent des outils financiers et comptables complexes, la maîtrise de ces sujets devient indispensable pour pouvoir analyser les décisions prises et défendre les intérêts des salariés.

Les échanges ont également permis d’aborder le dispositif d’intéressement, qui repose sur des critères fixés par accord d’entreprise et qui peut être lié à différents indicateurs économiques ou de performance.

Contrairement à la participation, qui repose sur une formule légale, l’intéressement relève davantage d’une logique de négociation au sein des entreprises. Cette distinction est importante pour les représentants du personnel, car elle conditionne les marges de négociation et les leviers d’action possibles.

Des élus désormais mieux armés pour maîtriser ces enjeux

Au terme de ces deux journées de travail, les élus présents disposent désormais d’une meilleure compréhension des réformes sociales en cours et des mécanismes économiques qui influencent directement les droits et la rémunération des salariés. Dans un contexte marqué à la fois par les évolutions législatives portées par les budgets du gouvernement et par les débats croissants autour du partage de la valeur dans les entreprises, ces connaissances constituent un atout essentiel.

Les élus du Champagne sont désormais mieux armés pour maîtriser ces sujets, analyser les décisions des directions et défendre efficacement les intérêts des salariés dans les entreprises de la filière.

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📹 Vidéo des différentes interventions réalisées en préambule de cette formation