Gilbert Cette, président du Conseil d’orientation des retraites, est accusé de transformer un outil de diagnostic pluraliste en porte-voix d’une politique libérale visant à faire travailler les salariés toujours plus longtemps. @ Martin Barzila

✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 17 juillet 2026

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Présenté comme une institution indépendante chargée d’éclairer le débat public, le Conseil d’orientation des retraites (COR) est aujourd’hui accusé de servir une politique déjà écrite : faire travailler les salariés toujours plus longtemps. Derrière des projections présentées comme techniques se cachent des choix profondément politiques.

Un outil de diagnostic devenu un instrument politique

Le Conseil d’orientation des retraites, le COR, n’a pas pour mission de décider de l’avenir de nos retraites. Son rôle est de présenter plusieurs scénarios économiques et démographiques afin de permettre un débat éclairé entre l’État, les syndicats, le patronat et les parlementaires.

Mais depuis l’arrivée de Gilbert Cette à sa présidence, cette neutralité est sérieusement remise en cause. Cet économiste, proche des politiques libérales menées depuis plusieurs années, ne cache pas son soutien au recul de l’âge de départ et à l’allongement de la durée de cotisation. Sa nomination marque donc une rupture : le président du COR n’apparaît plus comme le garant d’un diagnostic pluraliste, mais comme le défenseur d’une orientation politique particulière.

Des chiffres qui dépendent des hypothèses choisies

On cherche à nous faire croire que les chiffres du COR seraient incontestables. C’est faux. Les projections dépendent directement des hypothèses retenues concernant la productivité, le chômage, les salaires, l’emploi, la natalité, l’immigration ou encore l’espérance de vie. Selon les choix effectués, le système de retraite peut apparaître proche de l’équilibre ou durablement déficitaire. En supprimant certains scénarios et en privilégiant les hypothèses les plus pessimistes, on construit mécaniquement un déficit plus important. Puis ce déficit est utilisé pour expliquer aux salariés qu’ils devront travailler davantage. La méthode est bien connue : on présente d’abord une prévision comme une fatalité, puis on impose une réforme comme la seule solution possible.

La retraite à 67 ans n’est pas une fatalité

Les dernières projections évoquent un âge moyen de départ pouvant approcher 67 ans dans les prochaines décennies. Mais il ne s’agit pas d’une obligation économique. C’est la conséquence des réformes déjà adoptées et des choix politiques qui continuent d’être proposés. Derrière ces chiffres, il y a une réalité humaine : des ouvriers usés par le travail, des salariés licenciés avant la retraite, des femmes aux carrières interrompues, des travailleurs précaires et des seniors que les entreprises ne veulent déjà plus employer. Faire travailler tout le monde plus longtemps alors que tant de salariés n’arrivent même pas en bonne santé à l’âge actuel de départ est une violence sociale.

Pourquoi ne parle-t-on jamais des recettes ?

Le débat est volontairement enfermé dans la question des dépenses. Combien coûtent les retraites ? À quel âge faut-il partir ? Combien de trimestres faut-il travailler ? Mais les retraites ne sont pas financées par l’âge de départ. Elles sont financées par les cotisations, donc par les salaires et l’emploi. Augmenter les salaires, mettre fin aux inégalités salariales entre les femmes et les hommes, créer des emplois stables, améliorer l’emploi des seniors et réduire les exonérations de cotisations permettrait d’apporter de nouvelles recettes à notre système de protection sociale. Ces solutions sont rarement mises sur la table, car elles demanderaient une contribution plus importante des entreprises et du capital.

Le COR doit redevenir un lieu de débat pluraliste

La CGT refuse que le COR devienne le porte-voix d’une vision libérale minoritaire. Une institution chargée d’éclairer le débat ne doit pas préparer les esprits à de nouveaux reculs sociaux. Nos retraites ne sont pas un coût inutile. Elles constituent une part du salaire socialisé, gagnée par le travail et les luttes. Le véritable choix n’est pas entre travailler plus longtemps ou laisser le système s’effondrer. Le véritable choix est de savoir comment les richesses produites seront réparties.

Pour la CGT, la réponse est claire : augmenter les salaires, développer l’emploi, renforcer les cotisations sociales et revenir à une retraite à 60 ans.

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