AG de militants CGT du Champagne à Épernay : face à l’attaque de l’UMC contre la prime de fin d’année, les élus appellent à la mobilisation et à la grève.
✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne
📅 Publié le 03 juillet 2026
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Réunis en assemblée générale de militants le jeudi 2 juillet 2026 à Épernay, une grosses soixantaine élus CGT du Champagne ont débattu de la décision de l’UMC de s’attaquer aux dispositions introduites à l’article C.262 – Prime de fin d’année par l’accord tripartite du 8 février 2019. Ce point figurait au cœur de l’ordre du jour de cette réunion : analyser les conséquences de cette dénonciation pour les salariés et décider des actions à engager. Derrière une apparente question technique, c’est une attaque sociale majeure qui est engagée contre les salariés du Champagne. En remettant en cause les règles d’abattements relatives à la prime de fin d’année, le patronat ouvre une brèche dans l’un des acquis importants de notre convention collective.
Une attaque contre la prime de fin d’année et le droit de grève
Pour la CGT, l’objectif patronal est clair : permettre aux employeurs d’abattre davantage la prime de fin d’année en cas d’absences de courte durée, notamment lors des faits de grève.
Les salariés sont déjà pénalisés lorsqu’ils font grève par la perte de salaire. En voulant ajouter une sanction supplémentaire sur la prime de fin d’année, l’UMC cherche à dissuader les salariés d’utiliser leur droit de grève.
Il s’agit donc bien d’une attaque contre la prime, mais aussi contre le rapport de force syndical. Car lorsque le patronat s’en prend au droit de grève, il cherche à affaiblir la capacité des salariés à défendre leurs droits, leurs salaires et leurs conditions de travail.
Le cheval de Troie d’une offensive plus large
Les élus CGT ont rappelé que cette attaque ne tombe pas du ciel. Depuis plusieurs années, le patronat du Champagne bloque toute avancée sociale réelle : refus de véritables augmentations de salaires, recommandations patronales unilatérales, blocage des négociations de branche, pression sur les primes et développement de l’externalisation. Avec la remise en cause de l’article C.262, il franchit aujourd’hui un cap supplémentaire en s’attaquant directement aux garanties conventionnelles des salariés.
Pour la CGT, la remise en cause de l’article C.262 – Prime de fin d’année – est un cheval de Troie. Aujourd’hui, le patronat vise les absences de courte durée et les faits de grève. Derrière les abattements pour faits de grève, l’objectif est évident : faire peur aux salariés, affaiblir les mobilisations et casser le rapport de force. Car moins les salariés osent se mettre en grève, plus le patronat peut avancer ses pions contre le 13e mois, le 14e mois, les garanties conventionnelles, les classifications et l’ensemble des droits conquis par la lutte collective.
La convention collective du Champagne n’a pas été offerte par le patronat. Elle est le fruit de décennies de luttes, de grèves et de mobilisations collectives. Elle ne doit pas être détricotée morceau par morceau.
Les salariés n’ont pas à payer les choix des grands groupes
Les élus CGT ont également rappelé que les difficultés mises en avant par certains employeurs ne peuvent pas servir de prétexte pour s’attaquer aux droits sociaux.
Ce qui pèse aujourd’hui sur la filière, ce ne sont pas les acquis des salariés. Ce sont les choix de gestion des groupes tels LVMH ou Pernod-Ricard, la course à la rentabilité, la pression financière, les stratégies commerciales hasardeuses et la volonté permanente de préserver les marges.
Les salariés produisent la richesse du Champagne. Ils n’ont pas à payer les erreurs stratégiques des directions ni les exigences des actionnaires.
Une décision claire : organiser la riposte
Face à cette attaque, l’assemblée générale de militants a confirmé la nécessité de construire rapidement le rapport de force.
Les élus CGT du Champagne ont décidé :
- de diffuser largement un tract de l’Intersyndicat CGT du Champagne dans les maisons ;
- de décliner cette information dans les entreprises afin d’alerter les salariés ;
- d’interpeller les directions sur le mandat donné à l’UMC ;
- de préparer une mobilisation interprofessionnelle du Champagne ;
- de porter le dossier auprès du préfet, notamment sur la défense de la convention collective et les enjeux sociaux dans la filière ;
- de préparer les conditions d’une riposte allant jusqu’à la grève avant et pendant la vendange si l’UMC persiste dans son attaque ;
- de préparer, dans les entreprises, la multiplication des mouvements de grève pendant les expéditions de fin d’année, période où le rapport de force peut peser fortement sur les directions.
Ces prises de décisions interviennent dans un contexte particulièrement sensible, à l’approche des vendanges. Alors que la filière devrait concentrer ses efforts sur la santé, la sécurité, l’hébergement et la dignité des travailleurs, l’UMC choisit de rallumer la mèche sociale en s’attaquant aux droits des salariés permanents.
La convention collective du Champagne n’est pas négociable
Pour la CGT du Champagne, le message est clair : la prime de fin d’année, les garanties conventionnelles et le droit de grève ne sont pas des privilèges. Ce sont des droits conquis.
L’assemblée générale de militants appelle donc les salariés du Champagne à se mobiliser et à se mettre en grève le jeudi 9 juillet 2026, avec un rassemblement à 10 h, avenue de Champagne à Épernay.
Cette mobilisation devra permettre de faire entendre fortement la colère des salariés avant la réunion prévue l’après-midi avec le préfet. Alors que toute la filière devrait aujourd’hui se concentrer sur l’amélioration des conditions d’accueil, d’hébergement, de travail, de santé et de sécurité des saisonniers à l’approche des vendanges, le patronat du Champagne choisit au contraire d’ouvrir un nouveau front contre les salariés permanents en s’attaquant à la prime de fin d’année et au droit de grève.
Pour la CGT, ce choix patronal est irresponsable. Il détourne le débat des véritables urgences sociales de la filière et confirme la volonté de l’UMC de faire reculer les droits collectifs, au lieu de répondre aux besoins des salariés, permanents comme saisonniers.
Si l’UMC persiste dans sa volonté de s’attaquer à la convention collective, les salariés devront être prêts à durcir le rapport de force, y compris pendant la vendange et lors des expéditions de fin d’année.
Face au détricotage de notre convention collective, une seule réponse : l’organisation, l’unité et la grève.
Télécharger :
l’article : « Prime de fin d’année : les élus CGT du Champagne organisent la riposte »
Le tract du 29 juin 2026 : « Ils touchent à nos accords »
Le tract du 03 juillet 2026 :« 2026-07-09_mobilisation_syndicale_pour_les_acquis_sociaux »
