Cortège du 1er mai 2026 à Épernay : à l’appel de l’Union locale CGT, les travailleurs et travailleuses défilent pour défendre leurs droits, leurs salaires et le respect du 1er mai comme journée chômée et payée. © L’Union

✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 05 mai 2026

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Du cœur du vignoble champenois aux grandes artères parisiennes, le 1er mai 2026 a rassemblé des milliers de travailleurs et travailleuses autour d’un même message : défendre les acquis sociaux, refuser les reculs et faire face aux menaces, notamment celles portées par l’extrême droite. Une mobilisation ancrée localement, mais profondément reliée à une dynamique nationale et politique.

Épernay : une mobilisation fidèle et déterminée

À Épernay, la tradition du 1er mai a une nouvelle fois été respectée. Environ 140 manifestants se sont rassemblés à l’appel des organisations syndicales, notamment de l’UL CGT pour défiler dans les rues de la capitale du champagne.

Le cortège, parti devant l’hôtel de ville, a rappelé l’attachement profond des travailleurs à cette journée historique. Derrière les drapeaux syndicaux, les discussions ont porté sur les droits conquis, mais aussi sur les menaces actuelles. La question du travail le 1er mai s’est imposée comme un point central, dans un contexte où le gouvernement cherche à banaliser ce jour pourtant chômé et payé.

Dans les échanges, un sentiment domine : celui d’un recul social progressif, perçu comme une remise en cause directe des luttes passées. La mémoire des combats ouvriers reste très présente, et le 1er mai apparaît plus que jamais comme un symbole à défendre.

Les gerbes de fleurs déposées au pied des monuments aux morts, ainsi qu’à proximité des plaques commémorant les résistants assassinés dans les combats, dans les camps de la mort ou fusillés par les forces nazies, ont pris une signification particulière. Dans un contexte marqué par les tensions et les conflits géopolitiques actuels, ces hommages ont rappelé le lien indissociable entre luttes sociales, mémoire historique et défense des libertés. Ils ont également contribué à une prise de conscience plus large : celle d’un monde qui se tend, où la guerre cesse d’être une perspective lointaine à mesure que progressent les forces d’extrême droite et les logiques autoritaires en Europe comme dans le reste du monde.

Reims : une mobilisation plus large, marquée par les enjeux sociaux et internationaux

À Reims, la mobilisation a pris une autre ampleur, avec près de 600 manifestants dans les rues.

Le cortège a été marqué par des mots d’ordre mêlant revendications sociales et enjeux internationaux. La dénonciation de la « guerre impérialiste » s’est imposée comme un thème fort, tout comme la question du pouvoir d’achat, notamment face à la hausse des prix des carburants.

Les participants ont également insisté sur le lien entre guerre, inflation et conditions de vie des travailleurs. Cette articulation entre luttes sociales et contexte géopolitique illustre une conscience élargie des enjeux, où les travailleurs refusent de payer les conséquences de décisions politiques qui les dépassent.

Dans la région : une mobilisation présente malgré un contexte difficile

À l’échelle de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, plus d’un millier de manifestants ont été recensés.

Si la mobilisation reste en deçà des grandes mobilisations passées, notamment celles contre la réforme des retraites, elle n’en demeure pas moins significative dans un contexte de tension sociale et politique. À Reims comme à Charleville-Mézières ou Châlons-en-Champagne, les cortèges ont porté les mêmes revendications : défense du 1er mai, hausse des salaires, opposition aux guerres et à la dégradation des conditions de vie.

La défense du 1er mai comme jour férié et chômé s’est imposée comme un fil conducteur dans tous les défilés. Ce point cristallise une inquiétude forte face à la volonté gouvernementale d’ouvrir davantage de secteurs au travail ce jour-là.

À l’échelle nationale : une mobilisation massive et un message clair

Au niveau national, la CGT annonce plus de 300 000 manifestants dans toute la France, dont environ 100 000 à Paris.

Dans la capitale, le cortège reliant la République à la Nation a rassemblé de nombreuses organisations syndicales autour d’un message commun : ne pas toucher au 1er mai.

Les témoignages recueillis dans les manifestations traduisent une colère profonde. Beaucoup dénoncent une dégradation continue du pouvoir d’achat et une remise en cause des acquis sociaux. Le projet d’autoriser le travail le 1er mai est perçu comme une attaque directe contre un symbole historique du mouvement ouvrier.

Au-delà de cette question, les revendications salariales, la hausse du coût de la vie et les conditions de travail occupent une place centrale. Le 1er mai reste un moment de convergence des luttes, où s’exprime une volonté de résistance collective.

Face à l’extrême droite : un 1er mai sous tension politique

Dans plusieurs territoires, notamment dans le Pas-de-Calais, les mobilisations ont également été marquées par un autre enjeu : la montée de l’extrême droite et ses attaques contre le mouvement syndical.

Dans des communes dirigées par le Rassemblement national, des décisions ont directement visé les syndicats et les célébrations du 1er mai, allant jusqu’à supprimer des cérémonies ou remettre en cause des traditions ouvrières. Ces attaques ne sont pas symboliques : elles traduisent une volonté de marginaliser les organisations syndicales et de réécrire l’histoire des luttes sociales.

Dans ce contexte, la mobilisation du 1er mai prend une dimension supplémentaire. Elle devient un acte de résistance politique face à une idéologie qui prétend parler au nom des travailleurs tout en s’attaquant concrètement à leurs droits et à leurs organisations.

Sophie Binet : « Il n’y a pas pire ennemi pour les travailleurs que l’extrême droite »

Dans ce contexte, l’intervention de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, lors du cortège du 1er mai 2026, prend tout son sens.

Interrogée sur les discours du Rassemblement national qui se présente comme « le parti du travail », elle répond sans ambiguïté. Elle explique qu’il n’y a pas pire ennemi pour les travailleurs et les travailleuses que l’extrême droite, en s’appuyant sur des faits concrets.

Elle évoque notamment les décisions prises par certains maires issus du RN, comme à Liévin, où la cérémonie en hommage aux mineurs a été remise en cause. Elle rappelle que ces travailleurs ont reconstruit le pays au prix de leur vie, et que leur mémoire est aujourd’hui attaquée.

Elle souligne également d’autres décisions, comme la remise en cause des célébrations du 1er mai ou les menaces d’expulsion des organisations syndicales dans certaines communes. Pour elle, ces actes démontrent que l’extrême droite constitue un danger direct pour la démocratie et pour les droits des travailleurs.

🎥L’interview de Sophie Binet à chaud sur un cortège :

Une mobilisation ancrée dans l’histoire et tournée vers l’avenir

Du défilé d’Épernay à celui de Paris, en passant par Reims et l’ensemble de la région, ce 1er mai 2026 s’inscrit dans la continuité des luttes ouvrières. Mais il porte aussi une dimension nouvelle, marquée par la convergence des enjeux : pouvoir d’achat, conditions de travail, guerre, démocratie et montée de l’extrême droite.

Ce 1er mai rappelle une chose essentielle : les droits des travailleurs ne sont jamais acquis définitivement. Ils doivent être défendus, collectivement, dans la rue comme dans les entreprises.

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