Le muguet du 1er mai, symbole de lutte pour défendre un droit fondamental : un jour chômé, payé, pour toutes et tous. © IA CGT Champagne

✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 28 avril 2026

⏱️Temps de lecture 7 minutes

Ce 1er mai 2026 ne ressemble à aucun autre. Derrière les annonces du gouvernement et les reculs arrachés par la mobilisation syndicale, une offensive profonde est engagée contre l’un des derniers repères collectifs du monde du travail. Plus qu’une date, c’est un symbole qui est attaqué. Et avec lui, une part essentielle de nos droits.

Un jour à part, au cœur de l’histoire ouvrière

Le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres. C’est le seul jour de l’année qui, en droit français, est obligatoirement chômé et payé pour l’ensemble des salariés, à l’exception des activités qui ne peuvent pas être interrompues.

Ce statut particulier n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans une histoire longue, celle des luttes ouvrières pour la dignité, le temps de vivre et la reconnaissance du travail. Depuis plus d’un siècle, cette journée porte une dimension universelle. Elle permet au monde du travail de se retrouver, de se rendre visible, de rappeler que les droits sociaux ne sont jamais acquis définitivement.

Dans une société de plus en plus fragmentée, où les horaires atypiques se multiplient et où le collectif recule, le 1er mai reste l’un des derniers moments communs. C’est précisément ce qui en fait une cible.

Une offensive politique qui ne dit pas son nom

Ces dernières semaines ont marqué un tournant. Une première proposition de loi, portée par le camp présidentiel, visait à permettre le travail le 1er mai dans de nombreux secteurs. Face à la mobilisation syndicale et politique, ce texte a été retiré.

Mais ce recul n’a rien de définitif.

Très rapidement, un nouveau projet de loi est revenu sur la table, présenté comme plus limité, ciblant notamment les boulangeries et les fleuristes. Derrière cette apparente restriction, le mécanisme reste le même : introduire une dérogation, installer un précédent, ouvrir une brèche.

La CGT le dit clairement : le problème n’est pas la baguette ou le bouquet de fleurs. Le problème, c’est ce que cette dérogation autorise demain.

Le piège du volontariat

Pour rendre cette évolution acceptable, le gouvernement met en avant le volontariat. Mais dans le monde du travail, ce mot a une signification toute relative.

Quand l’emploi est précaire, quand les salaires sont insuffisants, quand la pression hiérarchique est permanente, peut-on vraiment parler de choix ? Dans de nombreuses entreprises, refuser de travailler revient à s’exposer. Ce que l’on appelle volontariat devient rapidement une obligation déguisée.

L’expérience du travail du dimanche l’a déjà montré. Ce qui était présenté comme une exception est progressivement devenu une norme. Le risque est exactement le même aujourd’hui.

Mettre le doigt dans l’engrenage

La question posée par cette réforme dépasse largement les secteurs concernés. Elle interroge la frontière entre ce qui est indispensable et ce qui ne l’est pas.

Faut-il pouvoir acheter une baguette ou un bouquet de fleurs le 1er mai ? Ou peut-on s’organiser autrement, la veille ou le lendemain ? Derrière ces interrogations se cache une logique beaucoup plus large : une fois qu’une activité est autorisée, pourquoi les autres ne le seraient-elles pas ?

C’est ainsi que s’opèrent les reculs sociaux. Par étapes, par élargissements successifs, jusqu’à banaliser ce qui était auparavant une exception.

Une remise en cause du droit lui-même

Ce qui frappe dans la période actuelle, c’est aussi la manière dont le débat est mené.

Alors que la loi est claire et n’a pas changé, des signaux contradictoires sont envoyés. Certains discours politiques laissent entendre que des dérogations pourraient s’appliquer immédiatement, sans attendre le vote du Parlement.

Sur le terrain, cette situation crée des tensions inédites. En Isère, des inspecteurs du travail ont dénoncé des entraves à leur mission, alors même qu’ils cherchaient simplement à rappeler la loi aux entreprises.

Cette confusion n’est pas anodine. Elle fragilise l’application du droit et ouvre la voie à toutes les dérives.

Une bataille déjà engagée

Malgré ce contexte, la mobilisation a déjà permis de faire reculer le gouvernement. La première offensive a été stoppée, et le périmètre de la réforme a été réduit.

Mais pour la CGT, cette première victoire ne suffit pas. Le danger reste entier. Le principe même du 1er mai est désormais contesté. Ce qui était jusqu’ici un acquis intangible est devenu un terrain de négociation.

C’est précisément pour cette raison que la mobilisation doit s’amplifier.

 Un 1er mai qui retrouve tout son sens

Dans ce contexte, le 1er mai 2026 prend une dimension particulière. Il ne s’agit plus seulement d’une journée symbolique, mais d’un moment de vérité.

Partout, les travailleurs sont confrontés à la même réalité : salaires qui stagnent, inflation qui explose, conditions de travail qui se dégradent. À cela s’ajoute aujourd’hui la remise en cause d’un droit fondamental.

Comme le rappelle le tract de l’Union locale CGT de Reims, le 1er mai reste une journée internationale de lutte, profondément ancrée dans l’histoire du mouvement ouvrier.

Se mobiliser ce jour-là, c’est défendre ses conditions de vie. C’est refuser que les crises soient payées par ceux qui travaillent. C’est rappeler que les droits ne se négocient pas à la baisse.

Défendre le 1er mai, c’est agir maintenant

La bataille ne se joue pas uniquement dans la rue. Elle se joue aussi dans l’opinion.

La pétition nationale pour la défense du 1er mai a déjà recueilli plus de 100 000 signatures.

Signez la pétition : Il faut continuer à signer et faire signer la pétition pour la défense du 1er mai

Signer, c’est refuser la banalisation du travail ce jour-là. C’est affirmer que ce droit appartient à tous les travailleurs. C’est envoyer un message clair au gouvernement : nous ne laisserons pas faire.

Dans la Marne, faire monter le rapport de force

Dans notre département, la mobilisation doit être à la hauteur de l’enjeu.

Le 1er mai est un point d’appui pour rassembler largement, pour faire entendre les revendications sur les salaires, la vie chère, les conditions de travail. Mais c’est aussi un moment pour défendre une idée simple : certains droits ne doivent pas être remis en cause.

Comme le rappelle la CGT, le 1er mai est notre journée. Une journée de lutte, de solidarité et de dignité.

Ne pas laisser faire

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement le calendrier. Il s’agit de savoir dans quelle société nous voulons vivre.

Une société où tout peut être travaillé, où chaque moment de la vie est soumis à la logique marchande. Ou une société qui reconnaît des temps communs, des droits collectifs, des limites à l’exploitation.

Pour la CGT Champagne, il n’y a pas d’ambiguïté.

Le 1er mai doit rester un jour chômé, payé, et commun à tous.Et pour cela, une seule réponse : la mobilisation.

Le 1er mai dans la Marne : toutes et tous mobilisés

Dans la Marne, la mobilisation du 1er mai doit être massive et visible. Face aux attaques contre nos droits, face à la vie chère et à la dégradation de nos conditions de travail, il est temps de faire entendre clairement la voix du monde du travail.

Nous portons des revendications concrètes et immédiates :

  • Augmentations générales des salaires pour toutes et tous –
  • Indexation des salaires, des pensions et des minimas sociaux sur les prix
  • De meilleures conditions de travail
  • Blocage des prix, notamment de l’énergie et des carburants
  • Égalité salariale entre les femmes et les hommes et revalorisation des métiers les plus précaires
  • Défense de l’emploi stable et lutte contre la précarité (CDD, intérim, temps partiels imposés…)
  • Conditionner les aides publiques aux entreprises et les réorienter vers les services publics et la protection sociale

Dans un contexte international marqué par les conflits et les logiques de guerre, nous affirmons aussi notre exigence de paix, de justice sociale et de solidarité entre les peuples.

Le 1er mai est notre journée. Une journée pour se rassembler, pour lutter, pour montrer que nous ne laisserons pas démanteler nos droits.

Rendez-vous :

 

📍 Reims : 10 h maison des syndicats 15 boulevard de la paix

📍 Epernay : 10 h Place Carnot

📍 Châlons en Champagne : 10 h 1 Place de Verdun

📍 Vitry le François : 10 h Place d’Armes

Soyons nombreuses et nombreux dans la rue. C’est par la mobilisation collective que nous gagnerons !

Télécharger :

l’article : « 1er mai : une conquête sociale dans le viseur »

Le tract CGT « 1er mai 2026 La Cgt.fr»

Le tract « 1er mai 2026 UL CGT d’Epernay » 

Le tract « 1er mai 2026 UL CGT de Reims »

Source :

La CGT.fr : « La bataille de la CGT pour défendre le 1er mai »

Pour aller plus loin :

La Vidéo de l’Humanité : De la macronie à l’extrême droite, ils veulent la mort du 1ᵉʳ mai – ÇA IRA !