Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, lors de son intervention devant l’hôpital de Creil (GHPSO), pour défendre l’hôpital public, la Sécurité sociale et les services publics face aux politiques d’austérité. © extraite de la vidéo CGT Santé Action Sociale
✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne
📅 Publié le 12 mai 2026
⏱️Temps de lecture 5 minutes
Alors que l’hôpital public continue de subir les effets des politiques d’austérité, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a prononcé un discours offensif devant l’hôpital de Creil sur la défense de la Sécurité sociale, des services publics et des personnels hospitaliers. Une intervention qui fait directement écho à la prochaine formation économique, sociale, environnementale et syndicale organisée par l’Intersyndicat CGT du Champagne les 17 et 18 juin 2026 autour des 80 ans de la Sécurité sociale.
🎥 La vidéo complète du discours de Sophie Binet devant l’hôpital de Creil est visible en bas de cet article.
Une colère face à la destruction progressive de l’hôpital public
Dès le début de son intervention, Sophie Binet évoque « une immense colère » face à la situation actuelle des hôpitaux publics. Elle rappelle que la France possédait l’un des meilleurs systèmes de soins au monde mais que les personnels hospitaliers assistent depuis des années à sa destruction méthodique.
Pour la secrétaire générale de la CGT, cette situation n’a rien d’inévitable. Elle affirme qu’il s’agit avant tout de choix politiques assumés consistant à considérer les services publics et la santé comme des coûts budgétaires plutôt que comme des droits fondamentaux et des investissements collectifs pour l’avenir. Elle rappelle notamment que l’absence de prévention et le recul des moyens accordés aux hôpitaux entraînent ensuite des pathologies plus lourdes et des dépenses encore plus importantes.
À travers cette analyse, Sophie Binet replace la question de l’hôpital public dans un débat beaucoup plus large sur l’avenir des services publics et de la protection sociale en France.
Le modèle américain comme contre-exemple
Une partie importante du discours est consacrée à la comparaison avec le système américain de santé. Pour Sophie Binet, le démantèlement progressif des services publics conduit peu à peu vers une société où chacun doit se débrouiller seul pour accéder aux soins. Elle rappelle qu’aux États-Unis, un cancer peut coûter plus de 100 000 euros lorsqu’aucune complication supplémentaire n’apparaît, tandis qu’un simple accouchement peut représenter des dépenses considérables pour les familles.
À travers cet exemple, la secrétaire générale de la CGT veut démontrer qu’un système de santé soumis aux logiques marchandes conduit inévitablement à des inégalités massives d’accès aux soins. Pour elle, les fermetures de lits, les restrictions budgétaires, les suppressions de postes ou encore les logiques de rentabilité imposées à l’hôpital public participent progressivement à cette transformation de la santé en marchandise.
À l’inverse, elle rappelle que le modèle français repose historiquement sur un principe de solidarité collective : chacun cotise selon ses moyens afin que tous puissent être soignés selon leurs besoins.
La Sécurité sociale au cœur du combat syndical
Au centre du discours de Sophie Binet se trouve la défense de la Sécurité sociale, qu’elle qualifie de « trésor national ». Elle rappelle que cette conquête sociale majeure est directement liée au mouvement ouvrier et à l’action d’Ambroise Croizat.
Elle insiste sur le fait que la Sécurité sociale n’est pas une aide accordée par l’État mais un système financé par le travail à travers les cotisations sociales. Selon elle, le salaire socialisé constitue l’un des piliers essentiels du modèle social français et garantit une protection collective face à la maladie, aux accidents de la vie ou à la vieillesse.
Pour la CGT, défendre la Sécurité sociale revient donc à défendre un choix de société fondé sur la solidarité plutôt que sur le chacun pour soi.
Des milliards pour les actionnaires mais des hôpitaux qui ferment
Sophie Binet s’attaque également aux choix économiques et budgétaires du gouvernement. Elle dénonce notamment les 211 milliards d’euros d’aides publiques versées chaque année aux entreprises sans véritables conditions ni contreparties.
Elle critique également les records historiques atteints par les dividendes versés aux actionnaires des grandes multinationales, alors même que les services publics continuent de subir des restrictions budgétaires.
La secrétaire générale de la CGT pointe aussi l’augmentation des dépenses militaires pendant que les hôpitaux ferment des lits et que les personnels hospitaliers s’épuisent. Selon elle, il s’agit là encore d’un choix politique assumé : celui de consacrer davantage d’argent à l’armement plutôt qu’à la santé, à la protection sociale ou aux services publics.
Les salaires des soignants et des fonctionnaires dans le viseur
Le discours revient également sur la question salariale dans la fonction publique. Sophie Binet rappelle que les agents publics ont perdu environ 25 % de pouvoir d’achat en vingt ans à cause du gel du point d’indice et de l’inflation.
Elle dénonce particulièrement la situation des personnels hospitaliers et des soignants, majoritairement des femmes, dont les rémunérations restent insuffisantes malgré des métiers essentiels au fonctionnement du pays.
Pour la CGT, l’urgence passe donc par une revalorisation immédiate des salaires dans la fonction publique ainsi que par un véritable plan d’investissement pour les hôpitaux et les services publics.
Une intervention qui résonne avec la formation CGT Champagne des 17 et 18 juin
Cette prise de parole entre directement en résonance avec la prochaine formation économique, sociale, environnementale et syndicale organisée par l’Intersyndicat CGT du Champagne les 17 et 18 juin 2026. Lors du dernier secrétariat, il a été confirmé que cette formation serait largement consacrée aux 80 ans de la Sécurité sociale.
L’objectif sera notamment de permettre aux militants de mieux comprendre l’histoire de la Sécurité sociale, son fonctionnement, le rôle des cotisations sociales et les attaques auxquelles elle est confrontée aujourd’hui. La formation devrait également aborder la fiche de paie et les grandes conquêtes sociales issues du mouvement ouvrier.
Dans un contexte marqué par les politiques d’austérité, la remise en cause des services publics et les attaques contre les droits sociaux, cette formation apparaît comme un moment important pour redonner des outils d’analyse et de compréhension aux militants CGT du Champagne.
Un véritable choix de société
À travers son discours devant l’hôpital de Creil, Sophie Binet rappelle finalement qu’au-delà de la seule question hospitalière, c’est bien un choix de société qui est posé aujourd’hui.
Soit une société fondée sur la solidarité, les services publics, la Sécurité sociale et l’accès aux soins pour tous. Soit une société où la santé devient progressivement un marché réservé à ceux qui ont les moyens de payer.
Télécharger l’article : Sécurité sociale, hôpital public : Sophie Binet alerte sur un choix de société
