Le 12 mai 2026, la CGT est revenue sur les débats de la conférence « Travail, Emploi, Retraites » consacrés aux salaires, aux conditions de travail, à la pénibilité et aux retraites. © IA CGT champagne

✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 15 mai 2026

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La CGT a publié un compte rendu particulièrement riche consacré à la réunion du 12 mai 2026 de la conférence « Travail, Emploi, Retraites ». Ce document revient en détail sur plusieurs mois de travaux menés entre organisations syndicales, représentants patronaux et administrations publiques autour de trois grands thèmes : le travail, l’emploi — dont les salaires — et les retraites.

Bien plus qu’un simple relevé de discussions, ce texte permet de comprendre les orientations actuellement débattues au niveau national, les positions défendues par les différents acteurs ainsi que les revendications portées par la CGT sur les salaires, la santé au travail, la pénibilité, la protection sociale ou encore les retraites. Dense et particulièrement instructif, ce compte rendu constitue une lecture utile pour les militants souhaitant approfondir leur compréhension des débats sociaux en cours.

Une conférence sociale engagée depuis décembre 2025

Le document rappelle que cette conférence sociale s’est ouverte par une séance plénière générale organisée le 5 décembre 2025 avant plusieurs cycles de réunions thématiques organisés les 30 janvier, 20 février, 13 mars puis 12 mai 2026. Une nouvelle plénière doit également se tenir le 22 mai prochain afin de dresser un bilan intermédiaire des travaux consacrés notamment aux salaires, à l’égalité femmes-hommes et à la pénibilité. La conférence est organisée autour de trois grands axes : le travail, l’emploi et les retraites. L’objectif affiché est d’examiner l’ensemble des carrières professionnelles, depuis l’entrée dans le monde du travail jusqu’au départ à la retraite, afin d’étudier les conditions de travail, la constitution des droits sociaux ainsi que les conséquences de la précarité, de la pénibilité ou des inégalités sur les futures pensions.

Le compte rendu précise également que les huit organisations syndicales représentatives participent aux travaux. Côté patronal sont notamment présents la CPME, l’U2P, l’UDES, la FNSEA et la FESAC. Les employeurs publics sont représentés à travers les administrations centrales, notamment la DGAFP. Le Medef, en revanche, a choisi de boycotter la conférence. Selon la CGT, ce boycott s’explique notamment par le fait que les débats portent directement sur les conditions de travail, les accidents du travail, les maladies professionnelles, la pénibilité, la précarité ou encore les inégalités femmes-hommes. Le document insiste également sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une négociation destinée à déboucher sur un accord ou un consensus, mais d’un espace où chaque organisation expose ses analyses, revendications et positions.

Travail : santé, prévention et conditions de travail au cœur des échanges

Une large partie du compte rendu est consacrée aux questions liées au travail, à la santé et à la sécurité des salariés. Les différentes réunions ont porté sur le dialogue professionnel, les pratiques managériales, la prévention, les risques psychosociaux, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ou encore les mutations du travail liées au numérique et aux enjeux environnementaux. Tout au long de ces travaux, la CGT explique avoir défendu plusieurs revendications fortes : suppression des accidents graves et mortels au travail, meilleure reconnaissance des maladies professionnelles, rétablissement des CHSCT avec des pouvoirs renforcés, mais aussi prise en compte plus importante de l’exposition particulière aux risques pour certains salariés comme les femmes, les jeunes, les seniors, les travailleurs précaires ou les salariés en situation de handicap.

Le document revient également sur l’intervention de Bernard Thibault concernant le dispositif santé-sécurité mis en place lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Selon la CGT, cette expérience démontre que lorsque les moyens sont renforcés — multiplication des contrôles de l’inspection du travail, limitation de la sous-traitance ou nouveaux droits syndicaux — les accidents du travail diminuent fortement, y compris sur des chantiers particulièrement dangereux.

Le compte rendu souligne aussi qu’au fil des discussions plusieurs constats semblent désormais largement partagés par les organisations syndicales, notamment l’absence de véritable bilan de la réforme de la fonction publique de 2019 et les conséquences négatives de la disparition des CHSCT sur la santé et la sécurité des travailleurs. Dans les discussions concernant la fonction publique, toutes les organisations syndicales se prononcent désormais pour le retour des CHSCT. Dans le secteur privé, le soutien au rétablissement de ces instances apparaît également très large.

Emploi et salaires : la CGT critique les logiques libérales dominantes

Le compte rendu revient ensuite longuement sur les débats liés à l’emploi, à la formation, aux qualifications et aux salaires. La CGT critique notamment les orientations dominantes présentées lors des travaux, avec le passage progressif d’une logique de qualification vers une logique de compétences, le développement massif de l’apprentissage ou encore les discours centrés sur la compétitivité et le « coût du travail ».

Le document souligne également que les discussions sur « l’attractivité des métiers » restent souvent limitées, selon la CGT, à des opérations de communication dans les établissements scolaires sans traiter les véritables problèmes de fond : faibles rémunérations, dégradation des conditions de travail ou manque de moyens dans les services publics. La même critique est formulée concernant l’attractivité de la fonction publique, où les questions salariales ou celles du point d’indice restent largement absentes des débats.

Tout au long des échanges, la CGT explique avoir défendu l’augmentation générale des salaires, une meilleure répartition des richesses, une véritable politique industrielle, la relocalisation des productions ainsi qu’un rôle plus important de l’État pour orienter les investissements et sécuriser les parcours professionnels.

Le compte rendu revient également sur plusieurs interventions marquantes, notamment celle de Jean-Dominique Sénard, jugée très alignée sur les positions patronales autour de la compétitivité et du « coût du travail », mais aussi celle de l’économiste Clément Carbonnier qui, à l’inverse, déconstruit cette notion et défend le rôle central des cotisations sociales.

Pour la CGT, le travail n’est pas un coût mais la source même des richesses produites. Le document insiste également sur le rôle central des salaires dans l’économie et dans le financement de la protection sociale. Selon la CGT, sans son intervention constante dans les débats, la question de l’augmentation générale des salaires n’aurait pas été suffisamment intégrée dans les discussions comme levier de relance économique et sociale.

Le compte rendu évoque également l’ouverture de discussions sur les droits d’intervention des salariés dans les choix stratégiques des entreprises, sujet considéré par la CGT comme un point d’appui important pour renforcer le rôle des représentants des salariés.

Retraites : défense du système par répartition et vigilance sur les réformes

Le troisième grand thème abordé concerne les retraites. Les travaux ont notamment porté sur le fonctionnement des différents régimes, les différences entre public et privé, les paramètres de calcul, les mécanismes de solidarité, la pénibilité, les carrières longues ou encore les inégalités femmes-hommes.

La CGT y réaffirme l’ensemble de ses revendications : défense du système par répartition, pension permettant un taux de remplacement de 75 % du dernier salaire, abrogation de la réforme des retraites de 2023, retour du départ à 60 ans, départs anticipés liés à la pénibilité, renforcement des mécanismes de solidarité, égalité femmes-hommes et gestion des retraites par les travailleurs eux-mêmes.

Le document montre également la vigilance particulière de la CGT face à plusieurs orientations jugées dangereuses comme le recul de l’âge de départ, la retraite à points, la baisse progressive des pensions ou encore le développement de la capitalisation.

Le compte rendu souligne par ailleurs que certains sujets n’ont pas encore pu être traités complètement, notamment la pénibilité ou les inégalités femmes-hommes, pourtant jugées essentielles par la CGT.

Le minimum contributif et les petites pensions

Parmi les sujets abordés figure également le minimum contributif, souvent appelé « MICO ». Ce dispositif vise à garantir un niveau minimal de pension aux salariés ayant cotisé toute leur vie avec de faibles revenus. Le compte rendu rappelle toutefois que ce mécanisme reste complexe et encore largement méconnu, y compris parmi de nombreux militants.

La CGT demande notamment un véritable bilan du minimum contributif depuis la réforme de 2023 et du relèvement annoncé des petites pensions. Plus largement, le document réclame également des études approfondies sur les conséquences des carrières précaires, des longues périodes de chômage, des temps partiels, des inégalités salariales femmes-hommes ou encore des effets du passage à 43 annuités sur le montant des retraites.

Les retraites publiques également au cœur des débats

Le compte rendu aborde enfin plusieurs questions spécifiques aux retraites publiques, notamment la pénibilité dans la fonction publique, les faibles pensions des poly-pensionnés, la question de la capitalisation à travers la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique ou encore le déficit de la CNRACL (Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales.).

La CGT y défend notamment la création d’un véritable pôle public des retraites et s’oppose aux politiques visant, selon elle, à organiser artificiellement les déficits afin de justifier de futures réformes régressives.

Un document dense qui mérite d’être lu

Au-delà des différents thèmes abordés, ce compte rendu permet surtout de mesurer l’ampleur des débats actuellement en cours autour du travail, des salaires, des conditions de travail, du financement de la protection sociale et des retraites.

Le document montre également à quel point ces différents sujets restent étroitement liés : salaires, santé au travail, précarité, financement de la Sécurité sociale et niveau des pensions relèvent finalement des mêmes choix économiques et sociaux.

Particulièrement dense et détaillé, ce compte rendu CGT constitue ainsi une lecture utile pour tous les militants souhaitant approfondir leur compréhension des débats sociaux actuels et des revendications portées par la CGT.

Il permet également de mesurer l’important travail d’analyse, de suivi et de proposition réalisé par la Confédération CGT tout au long de cette conférence sociale. À travers ce document, la CGT ne se contente pas de participer aux échanges : elle apporte des revendications précises, des analyses argumentées et un véritable travail de fond sur des sujets complexes touchant directement le monde du travail, les salaires, la protection sociale et les retraites.

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Source

Compte rendu CGT – Conférence Travail Emploi Retraites – Réunion du 12 mai 2026