Rassemblement des retraités CGT devant la sous-préfecture d’Épernay, le 2 avril 2026 : Yann Jose (U.S.R.L. CGT Épernay) prend la parole pour dénoncer la dégradation du pouvoir d’achat et appeler à la mobilisation face aux politiques d’austérité visant les retraités. © CGT Champagne

✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 02 avril 2026

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Devant la sous-préfecture d’Épernay, une quarantaine de retraités ont répondu présent à l’appel de l’U.S.R.L. CGT pour dénoncer une politique qui fragilise toujours plus leur pouvoir d’achat et leurs conditions de vie. À travers l’intervention de Yann Jose, membre de l’U.S.R.L. d’Épernay, c’est toute la réalité sociale des retraités qui a été mise en lumière.

👉 La vidéo du discours de Yann Jose est disponible en bas de cet article.

Une mobilisation qui part du vécu des retraités

Ce jeudi 2 avril 2026, une quarantaine de retraités se sont rassemblés à Épernay pour faire entendre leur voix. Dans son intervention, Yann Jose a rappelé une réalité que chacun constate au quotidien : les courses alimentaires, les factures d’énergie, les assurances ou encore le carburant pèsent de plus en plus lourd dans les budgets.

Les chiffres viennent confirmer ce ressenti. Depuis 2020, la baisse du niveau de vie des retraités représente en moyenne l’équivalent de quatre mois de pension. Un tiers des 17 millions de retraités vivent avec moins de 1 000 euros par mois, et plus de la moitié perçoivent une pension inférieure au Smic.

Malgré une légère revalorisation obtenue début 2025 sous la pression des mobilisations, aucune mesure n’est prévue pour 2026. Pour la CGT, cette perspective d’« année blanche » est inacceptable.

Une offensive politique contre les retraités

Au-delà du constat, l’intervention a pointé clairement les responsabilités. Le gouvernement et le patronat poursuivent une politique d’économies qui pèse directement sur les retraités.

Plusieurs mesures sont dénoncées : gel des pensions de base à horizon 2030, remise en cause de l’abattement fiscal de 10 %, hausse de la CSG, mais aussi augmentation des dépenses de santé. Yann Jose a notamment rappelé l’augmentation du forfait hospitalier de 15 % et celle du passage aux urgences de 33 % depuis le 1er mars 2026.

Dans le même temps, les complémentaires santé continuent d’augmenter, aggravées par une taxe supplémentaire de plus de 2 %, venant s’ajouter à des hausses déjà importantes ces dernières années.

Cette situation a des conséquences concrètes : des millions de retraités renoncent à se soigner faute de moyens, tandis que les services publics de proximité continuent de reculer, que ce soit à l’hôpital, à la SNCF ou dans les services administratifs.

Des choix politiques assumés

Pour la CGT, ces reculs ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent de choix politiques clairs : faire peser l’effort sur les retraités et les plus modestes, pendant que d’autres priorités budgétaires sont préservées, notamment les dépenses militaires.

Dans le même temps, les besoins sociaux explosent. Le manque de moyens dans les hôpitaux et les EHPAD est criant, avec des besoins estimés à 200 000 embauches dans les établissements pour personnes âgées et 100 000 dans l’aide à domicile.

L’unité syndicale et l’appel à la mobilisation

Face à cette situation, les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, ainsi que plusieurs associations de retraités, ont fait le choix de ne pas solliciter une audience auprès des services de l’État, dénonçant l’absence de réponses aux revendications portées depuis des années.

Un courrier unitaire a toutefois été adressé aux députés et sénateurs de la Marne, rappelant leurs responsabilités dans le vote des lois et des budgets qui impactent directement les retraités.

Un avertissement clair face aux idées réactionnaires

En fin de discours, Yann Jose a tenu à alerter sur le contexte politique plus large. Il a souligné le risque que représente la montée des idées d’extrême droite, rappelant que ces forces politiques portent en réalité des orientations favorables au patronat et à l’austérité, contrairement à ce qu’elles prétendent.

Il a insisté sur le fait que l’abstention favorise leur progression, et que les échéances à venir, notamment les votes à l’Assemblée nationale et les prochaines élections, seront déterminantes pour l’avenir des droits sociaux.

Pour la CGT, le progrès social ne pourra passer que par un rassemblement large des forces du monde du travail, capable de faire barrage aux politiques régressives.

La CGT appelle à amplifier le rapport de force

La mobilisation d’Épernay s’inscrit dans une dynamique plus large. Pour la CGT, l’heure n’est ni à la résignation ni au repli, mais à la construction d’un rapport de force capable d’imposer d’autres choix.

Les revendications sont claires :

  • revalorisation immédiate des pensions de 10 %,
  • accès aux soins pour tous, développement des services publics
  • financement de la Sécurité sociale par la cotisation.

Enfin, un message fort a été adressé : le syndicalisme reste un outil essentiel pour défendre les droits. Plus les retraités seront nombreux à se syndiquer, plus ils seront en capacité de peser sur les décisions.

Télécharger l’article : « Retraités en colère à Épernay : la CGT appelle à la mobilisation »

Sources : 

   Tract intersyndical du 2 avril 2026

👉 La vidéo du discours.