La guerre et la spéculation font grimper les prix du carburant, pendant que certains en tirent profit et que la population paie la facture. © IA CGT champagne

✍️ Par l’Intersyndicat CGT du champagne

📅 Publié le 07 avril 2026

⏱️Temps de lecture 8 minutes

Alors que les prix des carburants repartent à la hausse, le pouvoir tente une nouvelle fois de présenter cela comme une conséquence presque automatique de la guerre autour de l’Iran, notamment des affrontements militaires et des tensions sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial de pétrole. Mais derrière cette explication, il y a une autre réalité : celle d’un système qui laisse les grands groupes profiter des crises pendant que les salariés, les retraités et les ménages modestes en paient le prix.

🎥 La vidéo du Canard Réfractaire est disponible en bas de cet article.

Elle permet de mieux comprendre les mécanismes évoqués ici.

Une hausse des prix qui ne tombe pas du ciel

Depuis plusieurs semaines, les prix des carburants augmentent de nouveau. Comme souvent, on nous explique que cette flambée est liée aux tensions au Moyen-Orient et aux risques qui pèsent sur l’approvisionnement en pétrole. Bien sûr, la situation internationale joue un rôle. Mais cela ne suffit pas à tout expliquer.

Ce que montre la vidéo du Canard Réfractaire, c’est que la hausse des prix ne dépend pas seulement de la guerre ou des difficultés d’approvisionnement. Elle dépend aussi de la manière dont fonctionne aujourd’hui le marché du pétrole. Ce marché est de plus en plus dominé par la finance, par les achats anticipés, par les paris sur les hausses à venir et par des mécanismes spéculatifs qui permettent à certains de gagner énormément d’argent quand la situation se tend.  Autrement dit, la crise ne fait pas que provoquer des hausses. Elle sert aussi de terrain de jeu à ceux qui savent en tirer profit.

Une situation que la CGT dénonce depuis longtemps

La CGT dénonce depuis des années cette logique. Pour elle, l’énergie ne devrait pas être abandonnée aux marchés financiers et aux intérêts des grands groupes. Quand un produit aussi essentiel que le carburant devient un moyen de faire toujours plus de profits, ce sont forcément les travailleurs et la population qui finissent par payer. L’enjeu n’est donc pas seulement le prix à la pompe. Ce qui est en cause, c’est un système plus large, dans lequel les profits passent avant les besoins de la population.

Comme le souligne Philippe Benmanou, secrétaire à la vie syndicale de l’Union départementale CGT de la Marne, dans l’édito du bulletin « Info Marne N°142 » du 3 avril 2026, la hausse du prix des carburants met en lumière une même logique : les entreprises bénéficient rapidement de soutiens de l’Etat, tandis que les salariés, les retraités et les plus précaires doivent, eux, subir une nouvelle dégradation de leur pouvoir d’achat. Cette idée rejoint pleinement ce que dit la CGT au niveau confédéral : à chaque crise, les grandes entreprises et les intérêts du capital sont protégés, tandis que ce sont les salariés, les retraités et les ménages populaires qui paient la facture.

Une politique à deux vitesses

C’est bien cela que la CGT met en cause. Quand les coûts augmentent pour les entreprises, l’État trouve vite des solutions, parle d’accompagnement, de soutien, de compétitivité. Mais quand les prix augmentent pour les salariés, on parle de patience, de modération, de responsabilité. En clair, il y a une politique à deux vitesses.

D’un côté, on protège les entreprises. De l’autre, on demande aux travailleurs de tenir bon, même quand leur budget devient de plus en plus difficile à boucler. Cette situation est d’autant plus injuste que les salaires ne suivent pas. Les pensions non plus. Et pour beaucoup de familles, chaque hausse de carburant vient encore aggraver une situation déjà tendue.

Le carburant plus cher, ce n’est pas seulement le plein d’essence

Quand le carburant augmente, ce n’est pas seulement le prix du plein qui grimpe. Cela touche aussi les transports, les livraisons, la production et, au bout du compte, les prix de nombreux produits du quotidien. L’alimentation, les déplacements, les dépenses courantes : tout finit par être impacté. C’est pour cela que la hausse du carburant pèse aussi lourd dans la vie des gens. Elle ne reste pas à la station-service. Elle se répercute sur tout le reste. Et comme les revenus n’augmentent pas au même rythme, ce sont toujours les mêmes qui encaissent le choc.

Derrière la hausse, des profits énormes

La vidéo du Canard Réfractaire montre bien un autre aspect du problème : pendant que la population paie plus cher, certains groupes réalisent des profits considérables en profitant justement de cette hausse. Des achats sont faits à l’avance, des positions sont prises sur les marchés, et certains savent très bien comment gagner de l’argent sur une crise.  C’est cela qui révolte la CGT, car il ne s’agit pas seulement d’une crise subie par tout le monde. Il s’agit aussi d’un système dans lequel une minorité peut s’enrichir pendant que le plus grand nombre se serre la ceinture. Les profits, eux, restent privés. Mais les conséquences de la crise sont supportées par toute la population.

Ce que demande la CGT

Face à cette situation, la CGT ne se contente pas de dénoncer. Elle porte des revendications claires. Elle demande d’abord un encadrement des prix des carburants, afin d’empêcher que les hausses ne soient aggravées par la spéculation. Elle demande aussi une vraie taxation des superprofits réalisés par les grandes entreprises de l’énergie. Quand certains gagnent des milliards grâce à la crise, il n’est pas acceptable que la population soit laissée seule face à l’augmentation du coût de la vie.

La CGT revendique également l’augmentation des salaires et des pensions. Car tant que les revenus resteront trop faibles, chaque hausse de prix se traduira par une nouvelle perte de pouvoir d’achat. Enfin, elle défend l’idée qu’un secteur aussi essentiel que l’énergie doit être davantage contrôlé et régulé. On ne peut pas laisser des besoins aussi fondamentaux dépendre uniquement des marchés et de la recherche du profit maximum.

Une question simple : qui paie la crise ?

Au fond, la question est simple. Quand une crise éclate, qui doit payer ? Aujourd’hui, ce sont encore les salariés, les retraités, les précaires, les ménages populaires. Pendant ce temps, d’autres continuent à protéger leurs marges, leurs profits et souvent même à les augmenter. C’est cela que la CGT refuse.

Elle rappelle qu’une autre répartition des richesses est possible. Elle rappelle aussi qu’on ne peut pas demander toujours plus d’efforts à ceux qui ont déjà du mal à vivre pendant que d’autres s’enrichissent grâce aux tensions, aux guerres et à la spéculation.

La vidéo du Canard Réfractaire permet de revenir plus en détail sur les mécanismes évoqués ici et de comprendre comment la spéculation peut amplifier la hausse des prix du pétrole.

Télécharger l’article : « Carburants : derrière la hausse des prix, la logique des profits »

🎥 La vidéo du Canard Réfractaire – Révélation : Pourquoi la France ne fait rien !